Année 1690


Année 1690


Trouvé par une de nos adhérentes dans les archives paroissiales de Lacanau à la fin de l'Année 1690 : " Glorieuze à la France par le gain de 3 grandes Batailles en Flandre, en Piémont, et sur mer contre les Anglois et les Hollandois " Ainsi donc, en l'absence de presse, télévision ou autres moyens de communication, c'est le curé de la paroisse, en l'occurrence l'Abbé VIAUD, qui informait la population des grands évènements et notamment des guerres. En se replongeant dans l'histoire on apprend qu'il s'agissait de la guerre de la ligue d'Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, qui eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa la France sous la monarchie absolue de Louis XIV, alliée au Danemark et à l'empire Ottoman, à une grande coalition, d'abord défensive. Celle-ci comptait principalement l'Angleterre sous la monarchie constitutionnelle de Guillaume III d'Angleterre, l'empereur d'Allemagne et plusieurs Électeurs, l'Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. Elle se plaçait dans le contexte de l'opposition entre les Bourbons et les Habsbourgs, notamment pour le contrôle de l'Espagne. En cette année 1690, au cours de la campagne deux hommes de guerre remarquables, Luxembourg et Catinat, se sont dévoilés: Luxembourg et Catinat. Le premier possédant un coup d'œil de champ de bataille réellement supérieur, mais esprit négligent, se bornant à un succès local, n'en tirant jamais fruit, et se plongeant après la victoire dans le sein des plaisirs. L'autre tacticien hors ligne, mais froid philosophe, détesté de Mme de Maintenon, et ne pouvant aborder les grandes opérations dans lesquelles son ennemie de Versailles l'aurait laissé sans soutien, comme quoi une sorte de parité existait déjà !. La bataille de Fleurus, dans les Pays-Bas, remportée par Luxembourg, avec 40.000 hommes, fut une copie de celles remportées par Turenne : attaque de front et débordement de l'aile droite du prince de Waldeck qui comptait 48.000 combattants ; victoire complète, mais résultats nuls, car cette brillante journée aurait dû livrer Bruxelles. La bataille de Staffarde en Italie du Nord, dans le Piémont, mit en relief Catinat, qui triompha de Victor Amédée de Savoie et du prince Eugène. Cependant elle n'offrit aucune particularité utile : les deux armées se choquèrent de front, l'aile gauche française fut un instant en l'air par la faute de celui qui la dirigeait, et la victoire fut décidée par le centre et l'aile droite. Enfin la troisième fut la Bataille de Bévéziers ( Beachy-Head) qui eût lieu sur la côte Sud de l'Angleterre (le Sussex) . Tourville avec 70 vaisseaux, 4122 canons, 28000 marins battit l'amiral anglais Arthur HERBERT comte de Torrington qui ne disposait que de 56 vaisseaux, 3850 canons et 23000 hommes. 9 vaisseaux furent détruits, 12 incendiés et quelques 20000 coups de canon tirés. Mais, face à une coalition à la fois formidable et hétéroclite réunissant contre la France l'Angleterre, les Provinces-Unies, l'empereur, l'Empire, l'Espagne et la Savoie, cette victoire fut suivie du désastre de la Hougue.

 
   
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