Le Haillan en 1905
Le Haillan en 1905
En ce temps-là, l'abbé PIERRE, COLUCHE, les restos du cœur n'existaient pas. Les maisons de retraite médicalisées et les foyers d'accueil n'existaient pas.
Dans les familles on soignait avec les moyens du bord et de grandes difficultés les vieillards surtout s'ils étaient infirmes ou souffraient d'un mal incurable.
Les élus locaux, les gouvernants, conscients qu'il était nécessaire d'apporter une aide à ces personnes en grande difficulté, se penchèrent sur ce problème et c'est ainsi que, le 19 novembre 1905, le conseil Municipal du Haillan essaya de chiffrer le coût d'une telle mesure :
" M. le Maire expose au Conseil que, conformément aux instructions insérées au Recueil des Actes Administratifs du 19 septembre 1905 et à la circulaire préfectorale du 13 octobre 1905, le Conseil municipal doit au cours de cette session délibérer sur le taux de l'allocation mensuelle que devront recevoir les vieillards les infirmes et les incurables se trouvant dans les conditions requises par la loi du 14 juillet 1905.
Pour mieux éclairer le Conseil, il donne lecture ;
1° de la circulaire ministérielle du 29 juillet 1905
2° de la loi du 14 juillet 1905
3° de la circulaire préfectorale du 13 novembre 1905 et invite le Conseil à délibérer.
Le Conseil
Considérant que l'alimentation d'un vieillard nécessite environ 20 kilos de pain à 0F,35 l'un soit 7F,00
que son logement ne pourrait être assuré que par un loyer mensuel minimum de 2F,50
que le vêtement et le chauffage seront assurés par les soins de la charité publique ou par le vieillard lui-même
Fixe à 9F,50 le taux de l'allocation nécessaire aux vieillards infirmes ou incurables que la commune pourrait se trouver dans la nécessité d'assister.
Confie à M. le Maire le soin de préciser et de fixer ces bases d'appréciation par la note qu'il est appelé à joindre à la présente délibération pour connaître le nombre de vieillards infirmes ou incurables se trouvant dans les conditions prévues par la loi."
Nous laissons à chacun d'entre vous de calculer ce que cela représentait, vraisemblablement assez éloigné du minimum vieillesse actuel.
ET LA SANTé
Extrait d'une étude de Pierre Dalbarade
" On se soignait peu ; cela coûtait cher ! les traitements étaient rigoureux : Saignées, sangsues, ventouses, scarifiées si besoin. Le sang de bœuf était radical pour guérir de la tuberculose.
On avait aussi recours aux eaux bienfaisantes comme celle de la "fontaine rouilleuse" qui guérissait de nombreuses maladies, aux cataplasmes à la moutarde pour les poumons, et à l'huile de ricin ou de foie de morue pour les intestins.
On avait recourt aux vieilles qui savaient ! on les payait en nature, quelques œufs, un poulet ! Elles savaient concocter les tisanes à base de certaines herbes cueillies dans le plus grand secret, dont la " recette " était jalousement transmise de génération en génération. Un jus d'escargot bouilli était radical pour guérir les bronchites récalcitrantes, une tisane d'orties soignait les engelures.
Il y avait les rebouteux qui n'avaient pas leurs pareils pour vous remettre une cheville foulée, ou une entorse au poignet.
Dans ce monde soignant il convient d'incorporer les " panseuses ", ces femmes qui vous " pansaient " ( guérissaient instantanément) une brûlure ou une verrue avec le seul contact de leur main.
En dernier on faisait appel au curé pour une bonne prière, voire une messe, aussi et surtout l'extrême onction, car il ne fallait à aucun prix que le malade ne meure sans avoir reçu les derniers sacrements : cette mention figurait sur les actes de décès quand ceux-ci furent créés par le clergé au XVII ° siècle.
On mourrait jeune. Faute d'hygiène la mortalité infantile était très importante. Si on atteignait l'âge de 20 ans l'espérance de vie pouvait être de 50 ans. Les épidémies prenaient une proportion d'autan plus grande que la population était fragile et mal nourrie. Les principaux fléaux furent : la peste de 1317 - la diète de 1347 / 48 - le typhus de 1628 - la famine de 1629 - la peste noire de 1664 - la famine de 1693 - les hivers rudes de 1709 ; ajoutez à cela les maladies alimentaires telles le scorbut venant des viandes mal salées ou des confits mal conservés, les plaques purulentes, lou muve maou ( le mauvais mal ou cancer ), appendicite et péritonites.
La première Société de Bienfaisance fut créée à la Poudrerie au cours du XVII° siècle, permettant à quelques familles du Haillan dont le mari travaillait à la Poudrerie de bénéficier d'une couverture sociale. Plus tard en 1867 la Société de secours Mutuels eut une antenne locale. Les Sociétaires avaient droit au remboursement des frais des visites du médecin, des médicaments et une indemnité pour arrêt de travail. Il était prévu une caisse pour la retraite prise à 70 ans et remboursement des frais d'obsèques. Les adhérents devaient avoir moins de 40 ans et plus de 16 ans et habiter depuis au moins 3 ans dans la commune. Il était obligatoire d'être présent aux funérailles d'un adhérent, en costume noir, sous peine d'une amende.
Il fallut atteindre 1920 ( ?) pour que la Mairie fasse bénéficier aux indigents les visites médicales gratuites et 1932 pour l'édification du Pavillon de la Mutualité pour avoir droit aux opérations gratuites. "