Marie PITON, trisaïeule d’ Yvette LECHENNÉ


Marie PITON, trisaïeule d’ Yvette LECHENNÉ, notre ancienne Présidente, a une existence si particulière que cette dernière a souhaité la faire revivre en vous la relatant.
" Marie PITON est née à Martignas ( Gironde), village limitrophe de St Médard en Jalles et du Haillan, le 16 décembre 1810. Elle a deux sœurs :
Catherine qui épousera Jean COIFFARD
Marie mariée à Jean SÉMÉDARD.
Son grand-père maternel, François BORDES, a été maire de la commune.
Elle n’a pas encore 12 ans lorsque sa mère décède en septembre 1822. Peut-être travaille-t-elle adolescente au Haillan, alors village d’Eysines, puisque ce n’est pas à Martignas mais à Eysines que, le 12 février 1829, à 18 ans, elle épouse Jacques LAFON, 33 ans, habitant au Haillan, dont le père, Pierre, est décédé et la mère, Marie LAVAUD, s’est remariée le 27 mars 1807 à Eysines avec Jean LAVIGNE, lui-même veuf de Jeanne MAUBOURGUET.
Jacques et Marie LAFON, nouveaux mariés, habitent alors dans le bourg du Haillan sur le bien personnel de Jacques. En 1837, grande joie dans le foyer avec la naissance de leur fille Marie. L’année suivante, le 3 décembre 1838, Jacques décède à 41 ans. Sa veuve va avoir 28 ans, et, comble de malheur, leur fille rejoint son père quelques mois plus tard en 1839.
C’est dans la même maison qu’elle habitera avec son deuxième mari, le haillannais Arnaud BAUDROUS lors de leur mariage le 28 avril 1842 à Eysines. La sœur aînée de ce dernier, Jeanne, demeurant avec son mari Jean SOLLE dans la maison voisine, on peut supposer que c’est ce qui les a rapprochés.
A cette époque, il existait déjà entre le futur bourg et l’ancien, Sauprat, des terrains morcelés en petites bandes en raison de multiples successions. Notre couple achète donc quelques parcelles touchant la maison.
Le 26 février 1843 naît leur fils unique, Guillaume. Hélas, Marie voit son deuxième époux Arnaud décéder l’année suivante, le 21 mars 1844, à l’âge de 30 ans. Du côté de son mari, parents, grands-parents sont tous décédés. De son côté, il ne lui reste que son père qui décèdera à Martignas en 1854. Auparavant il avait fait le partage de ses biens entre ses 3 filles et légué à Marie quelques pièces qu’il s’était réservées pour son usage personnel dans sa maison du bourg de Martignas, qu’elle ne conserva pas d’ailleurs.
Elle doit donc élever son fils toute seule en maintenant en état maison, jardin, et ce qui a pu revenir à son fils de la succession paternelle. A cette époque, la division en lots aux ayants-droit de la bande commune du Haillan n’était toujours pas terminée. L’une des suspensions de cette division avait pour cause la transmission à un mineur, en l’occurrence Guillaume BAUDROUS, dépourvu de tuteur… D’où l’obligation d’un acte notarié permettant la reprise des partages.
Vient le temps où M. de LOS HEROS propose l’édification de l’église. Il donne le terrain, prête de l’argent, et les habitants participent aux travaux en fonction de leurs moyens. Notre Marie trouve le temps et la force de faire des charrois avec sa charrette et, semble-t-il, son âne, ainsi que le racontait dans mon enfance ma grand-mère qui était sa petite fille.
Enfin élevé, Guillaume a 21 ans lorsqu’il se marie le 27 août 1864 à la mairie d’Eysines et à l’église Notre Dame de la Merci, enfin terminée, au Haillan, avec Marie PARGADE, âgée de 17 ans. Ils sont tous deux descendants de très anciennes familles du Haillan, Eysines, St Médard, Mérignac, les BAUDOUS, BÉCHADE, CAUDÉRAN, DELHOMME, LAMEYRAC, pour n’en citer que quelques-unes.
Ils agrandissent la maison car arrivent 4 enfants : Pierre le 17 avril 1866, Marie le 17 mai 1868, Claude-Marcel le 2 mars 1870 et Jean le 8 mars 1872.
Hélas, son bonheur d’être grand-mère sera de courte durée. Le 4 avril 1872, un mois après la naissance de son dernier fils, Guillaume décède à 29 ans. Dix mois plus tard, le 16 février 1873 c’est le petit Jean qui, victime d’une méningite, disparaît à son tour et, dix mois plus tard(chiffre fatidique) , le 24 décembre 1873, la jeune mère les rejoint, à 26 ans ….
La veille de Noël, à 63 ans, la grand-mère Marie reste seule avec toute sa douleur pour élever 3 jeunes enfants de 7, 5 et 3 ans. Orpheline de mère, elle aura donc perdu son premier mari, sa fille unique, son deuxième mari, son fils unique, son petit-fils et sa belle fille.
Ses malheurs ne sont pas terminés pour autant. A peine deux ans se sont écoulés lorsque se produit un horrible accident. Pierre, l’aîné des enfants va avoir 10 ans le 17 avril. Il joue avec d’autres enfants dans une grange voisine à sauter depuis le grenier à foin. Il s’éventre en tombant et en meurt. C’est le 18 mars 1876, il allait avoir 10 ans.
Marie devra à nouveau faire face pour élever les deux orphelins restants. Une vie si dure et si courageuse n’était pas rare en ces temps-là. La suite de son existence vous sera relatée dans un prochain bulletin…"


A suivre...

 
   
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