RUE SAINTE CATHERINE


L’Ordre des Hospitaliers, né des Croisades, édifia au cours du XIème siècle, la chapelle Sainte Catherine, inaugurée par les Chevaliers de l’Ordre de Malte en 1048. Cette chapelle a donné son nom à la grande rue de la vieille ville dès le siècle suivant. Cette rue commerçante, la plus connue de BORDEAUX, est longue de 1 kilomètre.

Cette chapelle s’élevait à l’emplacement des Nouvelles Galeries (aujourd’hui, lui aussi disparu ) . Mais personne ne pourrait nous dire le nombre de bâtiments anonymes qui se sont succédés entre temps à cet emplacement pendant sept ou huit siècles.Il semblerait qu’à cet emplacement il y ait eu au XIXème siècle, le Bazar Bordelais construit par Mr THIAC, puis le Théâtre des Folies Bordelaises qui ferma en 1893.
Cette chapelle baignait dans la boue d’un Bordeaux semi-aquatique et, pour éviter que les gens ne soient crottés, on voulut paver le sol devant l’édifice. Comme il n’y avait pas d’argent, on vendit le mobilier du local.
Une anecdote, au passage, sur cette chapelle, car elle eut bientôt son « squatter ». Il s’agissait d’un juriste, M. LALANNE, qui trouvait le cimetière voisin à son goût. Il s’en empara purement et simplement, y fit bâtir plusieurs chambres et s’y tailla un jardin de rapport cependant que son épouse s’emparait de la clé du lieu saint et d’ornements divers qui s’y trouvaient.
Comme personne n’entretenait plus la chapelle, celle-ci commença à tomber en ruines. Heureusement, les maîtres tapissiers y établirent leur confrérie et la réparèrent , cependant qu’on intentait un procès aux LALANNE. Ils le perdirent et on obligea les déprédateurs à « premièrement remettre les clefs de la chapelle Ste CATHERINE et les ornements enlevés, fermer les portes répondant à la maison, démolir les bâtiments indûment édifiés et finalement remettre et délaisser ladite chapelle au même état qu’elle était en 1627 » .
La porte Médoc, détruite en 1772, s’élevait au tout début de la rue, près de la place de la Comédie. Elle était très fréquentée, car les bouchers et les tripiers de Bordeaux n’avaient pas le droit d’aller vendre ailleurs leur marchandise et c’est par elle aussi que les meuniers arrivaient pour apporter leur farine depuis les moulins des " jalles " de Blanquefort et des environs. Leur commerce était prospère, les boulangers étant alors inconnus à Bordeaux. Les gens d’ici aimaient bien acheter leur farine, la choisir comme on choisit un poulet ou des fruits, en gourmets, et ils pétrissaient leur pain chez eux, bien tranquilles, bien au calme…… Puis ils amenaient leurs miches chez des particuliers qui possédaient des fours et qu’on appelait des "pancoustiers " ( cuiseurs de pains ).
Bien des célébrités habitèrent au fil des années cette glorieuse rue , et notamment SAIGE, l’avocat général, maire de Bordeaux en 1791 et multimillionnaire. l´architecte THIAC, PEIXOTTO, MONTESQUIEU, le peintre GAULTIER, MINGELOUSAULX, le grand médecin qui guérit, momentanément, RICHELIEU, qui se trouvait près d’expirer suite à une douloureuse rétention d’urine. C’est même en raison de son âge avancé que le chirurgien bordelais ne suivit pas le grand cardinal qui voulait l’emmener à Paris et lui donner des appointements considérables. La place St Projet est la plus ancienne de Bordeaux (textes anciens de 1392 ) . Une croix, au centre d’un petit jardin, se trouvait au milieu du cimetière sur une partie duquel on construisit une halle. Devant un tel vacarme, le curé réussit à la faire raser en 1634.

LA PORTE D’AQUITAINE
A l´heure de la Fronde, la rue Sainte-Catherine fut un véritable champ de bataille. Deux partis existaient alors à Bordeaux : celui des " Ormistes " ( ils appuyaient l´insurrection contre Mazarin sous l´impulsion de leur chef Dureteste) et celui des " Biens Intentionnés " ( gens du Chapeau-Rouge et de Saint-Rémi qui représentaient le côté de l´ordre et de la paix).
Le bilan fut de 400 morts.
La construction de la galerie bordelaise fut commencée en 1833 par l´impulsion de son architecte DURAND et ouvrit ses grilles au public en 1834. A l´époque, ils étaient quatre propriétaires arrivant du Mexique d´où ils fuirent la Révolution : LA TORRE, YRIGOYEN, GIMET ET CAILLAVET.

 
   
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