SUPERSTITIONS LIÉES AU MARIAGE DANS LE SUD-OUEST
On lit dans le Rituel romain, pour l'usage du diocèse de Bordeaux,
publié par l'autorité de feu Messire Armand Bazin de
Besons, archevêque de Bordeaux : « Avis touchant les personnes
mariées qui sont empêchées par sortilège
ou par maléfice d'user du mariage : Lorsque Dieu permet par
un secret jugement que des personnes mariées soient empêchées
par des sortilèges ou maléfices de consommer le mariage,
si elles s'adressent à leur curé, pour obtenir le secours
de ses prières et de celles de l'église, il doit les
consoler charitablement, et les porter à la patience, en leur
représentant que Dieu n'a permis ce mal que pour exercer leur
foy, et leur donner moyen de satisfaire à sa justice pour leurs
pechez. Il les exhortera à n'accuser ni soupçonner personne
de le leur avoir causé... Si le maléfice continue, il
leur assignera un jour pour dire à leur intention la Messe
du Saint Esprit après laquelle, lorsque le peuple sera retiré,
il fera pour elles les prières suivantes... etc. »
De Lancre (De l'Inconstance des démons, 1613), déclare
que dès l'année 1609, le diable avait placé son
trône dans les landes de Bordeaux. « L'on use, dit-il,
de trop de douceur en France envers les sorciers ; tous bons juges
doivent faire cette résolution générale en France
et ailleurs de punir de mort les sorciers qui auront été
simplement plusieurs fois au sabbat, bien qu'ils ne soient convaincus
d'aucuns maléfices ; à quoi doivent être portés
surtout les parlements, d'autant qu'il se voit réellement que
le sortilège a déjà passé la frontière,
ayant déjà outrepassé tout le labour et affligé
rudement la ville de Bayonne, qui est cruellement affligée
de ce voisinage, Satan ayant fait sauter à grandes volées
et en pleine liberté le sabbat, et placé son trône
en une infinité de lieux de nos déserts et landes de
Bordeaux. »